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Transfert du bonus-malus d’un contrat d’assurance vers un autre : démarches, conditions et bonnes pratiques

Transfert du bonus-malus d'un contrat d'assurance vers un autre : démarches, conditions et bonnes pratiques

Transfert du bonus-malus d'un contrat d'assurance vers un autre : démarches, conditions et bonnes pratiques

Changer d’assurance auto sans perdre son précieux bonus, c’est un peu le graal de beaucoup de conducteurs. Bonne nouvelle : dans la plupart des cas, c’est possible. Mais entre les idées reçues, les conditions parfois cachées et les démarches pas toujours claires, le transfert du bonus-malus d’un contrat vers un autre peut vite tourner au casse-tête.

On va donc décortiquer tout ça ensemble : comment fonctionne ce fameux bonus-malus, comment le transférer d’un assureur à l’autre, dans quels cas ça coince… et surtout comment éviter les mauvaises surprises.

Rappel express : c’est quoi exactement le bonus-malus ?

Le système de bonus-malus, ou coefficient de réduction-majoration (CRM), s’applique à la plupart des contrats d’assurance auto et, dans une certaine mesure, à l’assurance moto. Il sert à « récompenser » ou « sanctionner » votre comportement de conducteur au fil des années.

En France, la base est simple : le coefficient de départ est de 1,00. Ensuite :

Au fil du temps, vous pouvez :

Ce coefficient s’applique ensuite à la prime de référence définie par l’assureur. Résultat : à garanties équivalentes, un conducteur très bonussé paiera beaucoup moins cher qu’un conducteur très malussé.

Point important : le bonus-malus est attaché au conducteur, pas au véhicule. C’est précisément ce qui rend possible son transfert d’un contrat à l’autre… sous certaines conditions.

Le bonus-malus suit-il toujours le conducteur ?

Dans l’immense majorité des cas, oui. Votre historique de conduite vous appartient et vous devez pouvoir le faire valoir lorsque vous changez d’assurance ou de véhicule.

Trois grands principes à retenir :

Mais ce serait trop simple si c’était valable dans tous les cas. Il existe des situations où le transfert se complique, voire devient impossible. On y vient.

Dans quels cas peut-on transférer son bonus-malus ?

Vous pouvez généralement transférer votre bonus-malus dans les situations suivantes :

Par exemple, vous aviez une voiture assurée pendant 10 ans avec un bonus de 0,60, puis vous avez arrêté de conduire pendant 3 ans. En revenant sur le marché de l’assurance, certains assureurs accepteront de réactiver ce bonus, d’autres repartiront de zéro. D’où l’intérêt de bien conserver vos anciens documents.

Transfert du bonus-malus entre assureurs : les démarches pas à pas

Pour changer d’assurance sans perdre votre bonus, tout repose sur une bonne préparation. Voici la marche à suivre.

Étape 1 : récupérer votre relevé d’information

Le relevé d’information est la pièce maîtresse. Il récapitule :

Vous pouvez le demander à tout moment à votre assureur. Celui-ci est légalement tenu de vous le fournir :

De plus en plus d’assureurs le mettent à disposition dans l’espace client en ligne, ce qui simplifie les choses.

Étape 2 : transmettre ce relevé au nouvel assureur

Lorsque vous faites une demande de devis pour un nouveau contrat, on vous demandera :

Vous pouvez répondre de mémoire, mais le nouvel assureur vérifiera systématiquement ces informations via le relevé d’information. Tant que vous ne l’avez pas transmis, le contrat sera souvent :

Une fois le relevé reçu et validé, le bon coefficient sera appliqué, parfois avec effet rétroactif sur la prime.

Étape 3 : vérifier le coefficient retenu sur le nouveau contrat

Un petit réflexe à adopter : contrôlez le CRM indiqué sur votre nouvelle attestation. Il doit être identique à celui mentionné sur le relevé d’information fourni par votre ancien assureur.

En cas d’erreur (ça arrive plus souvent qu’on ne le croit) :

Un bonus mal pris en compte, même de quelques points, peut représenter plusieurs dizaines d’euros par an. Sur plusieurs années, la différence est loin d’être négligeable.

Transfert du bonus-malus : les conditions à connaître

Si votre bonus vous suit dans la plupart des cas, ce n’est pas un « droit absolu » et inconditionnel. Voici les principales règles (et limites) à garder en tête.

Même conducteur principal, même bonus

Le CRM est attaché au conducteur principal. Si le nouveau contrat est établi au même nom, avec le même statut (conducteur principal), le transfert se fait sans souci.

En revanche, si vous changez la personne qui figure en principal sur le contrat, la situation change.

Exemple fréquent :

Dans ce cas, le bonus ne se transfère pas automatiquement. L’assureur peut éventuellement tenir compte de l’expérience de conduite réelle (usage du véhicule, inscription comme conducteur secondaire), mais ce n’est pas une obligation.

Transfert entre véhicules : auto, moto, utilitaire…

En principe, le système bonus-malus est séparé selon le type de véhicule assuré. Un bonus acquis en auto ne se transfère pas automatiquement vers un contrat moto, et inversement.

Cependant, certains assureurs peuvent :

Rien n’y oblige légalement l’assureur : cela reste du domaine de la politique commerciale. Il ne faut donc pas compter dessus comme sur un dû, mais le demander… et comparer les réponses de plusieurs compagnies.

Peut-on transmettre son bonus à un proche ?

C’est une question très fréquente, surtout chez les parents qui espèrent « offrir » leur bonus à leurs enfants pour alléger leur première assurance auto.

La règle générale est claire : le bonus-malus est strictement personnel et non transférable. Vous ne pouvez pas légalement « donner » votre bonus à :

Cela dit, dans certains cas, un jeune conducteur qui a longtemps été déclaré comme conducteur secondaire sur le contrat d’un parent peut bénéficier d’un meilleur départ lorsqu’il souscrit son premier contrat à son nom, car il peut justifier d’une expérience de conduite sans sinistre. Là encore, tout dépendra de l’assureur.

Changement de situation : quand le bonus peut être réduit ou remis à zéro

Certaines situations peuvent affecter l’utilisation ou la reconnaissance de votre bonus :

D’où l’importance de vérifier régulièrement votre CRM et l’historique de votre contrat, et de ne pas attendre la dernière minute pour chercher un nouvel assureur en cas de résiliation.

Comment bien préparer un transfert de bonus-malus ?

Au-delà des aspects administratifs, quelques bonnes pratiques permettent d’optimiser le transfert de votre bonus et de limiter les mauvaises surprises.

Anticiper avant de résilier

Avant de rompre votre contrat actuel, surtout si vous avez un très bon bonus :

Depuis la loi Hamon, vous pouvez changer d’assurance auto à tout moment après un an de contrat, ce qui facilite la mise en concurrence. Mais changer pour changer n’a pas de sens si votre nouveau contrat reflète mal votre historique.

Bien déclarer tous les conducteurs habituels

Si plusieurs personnes utilisent régulièrement le véhicule, il est prudent de les déclarer comme conducteurs secondaires. Pourquoi ?

Ce n’est pas un transfert de bonus à proprement parler, mais une façon de construire progressivement un profil rassurant pour l’assureur.

Conserver ses anciens documents

Gardez soigneusement :

Ils pourront servir si vous restez plusieurs années sans véhicule, si un assureur commet une erreur sur votre bonus, ou si vous devez prouver une ancienneté d’assurance plus longue que celle visible immédiatement dans les fichiers.

Éviter les fausses déclarations : un très mauvais calcul

Certains conducteurs sont tentés de « lisser » un peu leur historique lorsqu’ils remplissent un devis en ligne, par exemple :

Mauvaise idée. L’assureur finira de toute façon par avoir accès à vos vrais chiffres via le relevé d’information. Résultat possible :

Autant jouer cartes sur table dès le départ : un bonus un peu moins bon, mais assumé, vous coûtera toujours moins cher qu’un dossier plombé par une fausse déclaration.

Cas pratiques : quelques situations fréquentes

Pour finir, passons en revue quelques cas typiques que l’on rencontre souvent sur le terrain.

Cas n°1 : vous changez d’assureur avec un bon bonus

Vous avez 12 ans d’assurance sans sinistre responsable, un coefficient de 0,54, et vous trouvez une offre plus intéressante ailleurs.

Résultat : vous conservez votre avantage tarifaire, voire vous réduisez encore la facture grâce à la nouvelle offre.

Cas n°2 : vous aviez une voiture de fonction et vous achetez votre premier véhicule perso

Vous conduisez depuis des années, mais vous n’avez jamais eu de contrat d’assurance à votre nom, car votre entreprise gérait tout.

Dans ce cas, faire jouer la concurrence est indispensable pour limiter la prime de départ.

Cas n°3 : vous transférez votre contrat vers un nouveau véhicule plus puissant

Vous remplacez votre citadine par une voiture plus puissante ou plus récente. Votre bonus reste le même, mais :

Là encore, ce n’est pas votre bonus qui pose problème, mais le profil global du véhicule assuré. L’erreur fréquente est de penser : « j’ai un super bonus, ça sera toujours pas cher ». Pas forcément…

Cas n°4 : vous avez été résilié pour non-paiement

Votre bonus reste théoriquement acquis, mais :

Dans cette situation, récupérer un contrat correct demandera souvent de passer par des assureurs spécialisés ou des comparateurs orientés « profils sensibles ».

Le bonus-malus est un peu votre « bulletin de notes » de conducteur. Bien géré, il devient un levier puissant pour alléger la facture année après année, y compris en cas de changement d’assureur. L’essentiel est de connaître vos droits, de soigner vos démarches (relevé d’information, vérification du CRM) et de garder en tête que votre comportement au volant, lui, laisse forcément des traces… sur vos contrats futurs.

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